20 sept. 2017

En route ! de Maria Jalibert. Didier jeunesse, 2017


Le travail de Maria Jalibert est fait de bric et de broc, de bricolages, de bidouillages, d'assemblage, de triturage ... Elle collectionne tout, rien, les petits objets, les trucs qui traînent et, sous ses doigts créatifs, naissent de leur mise en scène des histoires, des dialogues, des constructions qui nous émerveillent et nous transportent dans son monde fantaisiste bien à elle.

En route ! Partons en expédition ! En bateau, en bus, en avion, dans un tunnel, au milieu d'objets colorés et rétros,  nous voilà embarqués dans un jeu de cherche-trouve où il faut faire preuve d'un oeil aiguisé. Chaque page offre son camaieu de couleur, ses accumulations graphiques et sa strophe poétique : qu'est ce que c'est inspirant et ludique !

N'ayons pas peur de nous perdre dans ce cache-cache interminable, on s'y retrouve artistiquement, ... forcément !

Alice, qui aime observer, décortiquer, .. être étonnée !

18 sept. 2017

Trouver les mots de Gilles Abier. Le muscadier, 2017.

Gabriel se sent coupable. Coupable de quoi ? De ne pas avoir su trouver les mots justes, de ne pas avoir su rassurer, d'avoir fait preuve d'impuissance, d'avoir abandonné un proche...

Il est entre les mains de la police à devoir se justifier de ce coup de fil, passé la veille à son cousin Julien, et qui a exactement duré douze minutes et vingt-trois secondes.
Après, cela.., le drame ! On comprend entre les lignes qu'il s'est passé quelque chose de grave mais on a beau imaginer diverses hypothèses, ce n'est qu'au terme d'un récit introspectif que  la révélation nous troublera.

Le sujet est terrible et interpelle. Mis sous la plume abrupte de Gilles Abier, il résonne fortement en nous comme pour nous rappeler les malaises et les remords de l'adolescence.  Il y a dans ce texte, de la douleur, des silences et de la confusion, assez pour nous offrir un témoignage percutant.

14 sept. 2017

A quoi tu ressembles ?de Magali Wiener. Le Rouergue, 2017

Ils sont douze. Douze ados d'une même classe.
Chaque mois, l'un d'entre eux partage avec nous un souvenir, une anecdote, une préoccupation.... 12 chapitres bien distincts comme une petite nouvelle a part entière. Sauf qu'à eux tous, ils forment une bande et leurs histoires se croisent ou parfois se font écho. Un chassé-croisé permanent qui aborde les mésaventures du quotidien.

Le point commun de leurs histoires ? Sûrement le lycée mais surtout la place des parents. Ils ne sont jamais bien loin et ponctuent de nombreuses chutes.
A l'âge où l'on gère un passage délicat vers le monde adulte, ils sont là, dans l'ombre, à espérer l'avenir de leurs enfants. Faillibles dans leurs secrets, pesants dans leurs fonctions, gênants dans leur intimité, faibles dans leur blessures... mais toujours présents.

Magali Wiener s'attache à nous offrir des tranches de vie réalistes, à faire voler des cases trop étroites et à accompagner ces jeunes dans leur héritage familial.

Ainsi, l'année scolaire s'écoule, et si les anecdotes sont souvent savoureuses, un brin de cruauté les parsème et nous offre souvent des chutes surprenantes.

Alice, qui s'est parfois laisser attraper ...

Retrouvez l'avis de ma copinaute Pepita 
qui a même interviewé l'auteur




13 sept. 2017

Des mots pour la nuit d'Annie Agopian et Albertine. La joie de lire, 2017

Vous la voyez la vague bleue ? Celle sur laquelle il suffit de s'installer bien confortablement pour se laisser emporter vers les mots-songes de la nuit.
Oui, car la nuit, tout n'est que délice, voyage et échappée belle. L'inconnu ne fait plus peur et le noir habituel se transforme en couleurs flamboyantes et en liberté rassurante.
Grâce à un texte qui se lit comme une ritournelle, Annie Agopian nous offre une approche subtile pour éloigner les frayeurs de la nuit. Un parti pris inattendu qui cherche à réconcilier les petits bouts, effrayés par ce moment parfois redouté.
Elle joue sur les mots, leur sonorité, leur force et leur signification pour nous offrir une poésie largement mise en valeur pars les dessins éclatants et légers d'Albertine

C'est à la fois énigmatique et rayonnant, et après cette lecture, les rêves seront plus doux ... assurément !

Alice, bercée...
Retrouvez mes autres chroniques 


10 sept. 2017

Jusqu'ici tout va bien de Gary D. Schmidt. EDL, 2017

La famille de Doug, c'est toute une histoire ! 
Entre un père gueulard et une mère aimante mais soumise, il doit aussi supporter la bêtise d'un de ses frères aînés alors que l'autre se bat au Vietnam.
Peu d'argent, beaucoup de cris et de violence, de rares amis, du racket, une idole, des petits boulots,  .. un monde pas vraiment rose.

Mais la vie peut parfois réserver des surprises, de belles rencontres et des découvertes inattendues. Chaque samedi, Doug grimpe les marches de la bibliothèque pour s'émerveiller devant des lithographies ornithologiques. L'étude précise et artistique de ses oiseaux  sera pour lui comme un chemin vers sa propre liberté.

Parce que tout le monde a droit à ses propres chances...
Parce que l'art peut être une thérapie...
Parce que la volonté mérite d'être récompensée... 
 ...Un roman bienveillant et rassurant. 

Comme aurait l'habitude de nous interpeller Doug : "Vous savez l'effet que ca fait ?". 
Oui Doug, ca fait du bien de te sentir bien ...

Patience, .... sortie prévue en librairie le 04 octobre 2017

6 sept. 2017

Graines de sable de Sibylle Delacroix. Bayard, 2017.

Qu'elle est morose cette journée de retour de vacances ! Ulysse et sa soeur descendent de la voiture la tête basse,  un peu chagrinés et le pied traînant. Il est l'heure de ranger le seau, les tongs, la pelle et le râteau.... quel cafard !

Mais dans un coin de la chaussure, quelques grains de sable se sont glissés, juste assez pour faire revenir l'étincelle dans les yeux des enfants. Il suffit alors de semer ces "graines de sable' par poignée pour raviver les souvenirs du bel été qui vient de passer. Les parasols, les chateaux de sable, les glaces au citron, les moulins à vent ...  éclatent de nouveau sous un soleil rayonnant. 

C'est beau comme la magie d'un simple moment de bonheur et de nostalgie .. 
C'est beau comme un trésor éphémère..
C'est beau comme les yeux d'enfant qui brillent...
C'est beau comme la saveur d'un souvenir éternel...

Tout juste éclairé de jaune, le crayon a papier  de Sibylle Delacroix glisse de page en page et petit à petit la mélancolie cède la place à toute la poésie et la luminosité d'une petite madeleine Proustienne...

Alice vous souhaite une belle rentrée, ...

4 sept. 2017

14-14 de Silène et Paul Béorn. Castelmore, 2014

Imaginez-vous recevoir du courrier d'un cousin oublié et qui semble de plus en plus étrange au fil de ses lettres ?
Imaginez-vous découvrir que vous êtes en train de communiquer avec un quasi-homonyme qui a vécu 100 ans  auparavant ? 
Imaginez -vous pouvoir changer le cours des choses pour lui éviter les atrocités de la Première guerre mondiale ?

L'idée des auteurs est très intéressante, elle permet de mettre en parallèle la vie quotidienne des deux ados, chacun dans leur époque. Deux vies  qui se croisent, mais même à 100 ans d'intervalle des préoccupations communes et des rêves à affronter.

On se laisse rapidement prendre au jeu de l'originalité de ce scénario et de cette correspondance étonnante. Une manière pertinente de présenter et d'intéresser le public cible à la Première Guerre Mondiale. 

Un peu d'étrangeté : il fallait oser mais  c'est plutôt bien fait !