25 juin 2017

La traversée de Jean-Christophe Tixier. Rageot, 2015.

Le titre... la couverture.. tout est clair, nous savons que nous sommes au coeur d'un sujet brûlant d'actualité.

Sam, jeune africain, a décidé de se payer la traversée qui le mènera jusqu'en Europe, terre promise où il est possible de tout imaginer. 
Le temps de quelques heures, au plus fort de la tempête, il se bat avec ses compagnons d'embarcation pour croire que la fin du cauchemar est proche. Mais le bateau chavire, les blessés s'épuisent et les cadavres flottent à la surface de la mer.

Au coeur de ce moment tragique, Sam joue un rôle essentiel, mais ce n'est pas sans se laisser rattraper par les souvenirs de sa famille, de sa jeune soeur et de son meilleur ami. 
C'est ainsi que nous découvrons tous les détails de son périple qui l'a d'abord conduit en Syrie pour lui faire rencontrer des passeurs, puis son internement dans un camp le temps de l'attente et aussi sa rencontre avec ses compagnons d'infortune.

L'histoire est assez réelle pour être terrible. En quelque pages, Jean Christophe Tixier nous plonge dans un récit très documenté qui éveille la conscience du lecteur. 
La fin qui reste très ouverte laisse la possibilité de garder espoir ou de s'indigner avec encore plus de virulence.
Un roman tout en distance et en proximité.

Alice, irritée...

20 juin 2017

Embrasse-moi de Ronan Badel. Gallimard, 2016

Quel plaisir de se replonger dans les poèmes de Jacques Prévert ! 

Il avait cet oeil simple, attentionné, délicat et parfois enfantin qui réussit, en quelques vers, à nous plonger directement au coeur de petites scènes quotidiennes, invisibles aux regards non avertis.

Ronan Badel a choisi ici de nous offrir ici un charmant recueil où il a regroupé quelques unes des oeuvres de l'auteur.

Tout en simplicité, comme griffonnés sur un bout de nappe en papier, ces poèmes qui parlent d'amour sont accompagnés d'illustrations bucoliques, délicates et douces qui sentent bon le plaisir des souvenirs. 
Le trait est léger, parfois envolé et s'attache à préserver la magie des mots de Jacques Prévert, incontournable poète réaliste.

Un album,  comme une rencontre vraiment réussie entre l'auteur et l'illustrateur.

Alice, toute en rime et en poésie...

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Sophie


18 juin 2017

Envole-moi d'Annelise Heurtier. Casterman, 2017

Comment avouer que j'ai eu du mal avec les premiers chapitres de ce livre d'Annelise Heurtier ? Que m'arrivait-il ? La peur sûrement de me retrouver avec entre les mains une romance adolescente un peu fade. Mais c'était sans faire confiance à l'auteur qu a réussi à me séduire avec une belle histoire d'amour. 

Parce que la jeunesse rend fou et romantique.
Parce qu'il n'y a pas d'âge pour que l'amour soit passionnel et sincère.
Parce qu'il faut parfois avoir la force de passer au delà de ses doutes et du handicap.
Parce qu'il vaut savoir vivre sans se préoccuper du regard des autres.

Alors rien ne peut entraver l'histoire entre Swann et Joanna. Malgré les moments de doutes, de peur, d'inquiétude, d'indécisions, ... les rêves et les désirs porteront ce jeune couple jusqu'au bout, comme pour nous rappeler toute la complexité et la délicatesse des sentiments sans que jamais ne soit remis en doute  la sincérité de leur attachement.

Sans artifice, un roman comme une goutte de maturité, d'intelligence et de bonheur.


Alice, qui a bien fait de poursuivre sa lecture ...





15 juin 2017

Peine maximale d'Anne Vantal. Actes Sud, 2010

Véritable huis clos, ce roman fait directement entrer le lecteur au coeur d'un procès en assise. 
Dans la salle d'audience, il y a les accusés, le juge, les jurés, les avocats, les victimes, .. et tour à tour, nous passons d'un point de vue à un autre, comme un observateur extérieur avec sa vision élargie.

Du premier au dernier jour, on suit le procès de Kolia, accusé d'avoir enlevé et séquestré un bébé  de 3 mois. On découvre son motif, l'enchaînement des faits, l'implication de ses soeurs, la découverte tragique des parents, le rôle de la justice... et surtout la difficile place des jurés, qui n'ont pas choisi d'être là, mais dont dépendra l'entière décision du verdict final.

Un livre convaincant qui est proche d'un véritable documentaire. Les rouages du système judiciaire apparaissent clairement et chaque personnage s'inscrit dans don rôle en toute crédibilité.
Plongés au coeur du procès des les premieres pages, le lecteur ne peut pas lâcher le livre avant que la justice ne soit rendue.

Alice, happée...



Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Bouma


13 juin 2017

Je suis.. d'Alegra Agliardi. Les Grandes Personnes, 2017

Qui suis-je ?
Je suis cette cellule qui s'est développée pour passer d'un état à l'autre. 
J'ai flotté, puis rampé, je suis prêt à courir et même à voler. 
Je suis cet être humain qui réfléchit, qui communique, qui avance et qui s'inscrit dans ce cercle infini et répété de l'histoire de la vie.

Cet album, petit format à spirales où chaque page joue la transparence (impression sur rhodoïd), interpelle par sa forme. 
C'est bien là tout son intérêt, son originalité et sa poésie !

La superposition des illustrations utilisée intelligemment place le tout petit au coeur de sa vie et l'invite à vivre sa propre évolution pas à pas.

Voilà il fallait y penser, Darwin tout en simplicité et en couleur, c'est graphique et c'est un joli succès !

Alice, épatée...

11 juin 2017

Barracuda for ever de Pascal Ruter. Didier jeunesse,

Il s'appelle Napoléon, il a 86 ans, il n'aime pas les chaussures à bouts carré et il a décidé de divorcer. 

Il ? C'est le grand-père de Léonard et bien plus que ça, c'est son meilleur ami, son complice, son partenaire d'aventures et des coup les plus foireux et les plus inattendus. 
Ex-champion de boxe, reconverti en chauffeur de taxi, il a de quoi apprendre à son petit Coco et surtout, il veut avec lui partager sa fin de vie et éviter de finir en maison de retraite. Ensemble, ils adoptent un chien, ils envisagent le kidnapping d'un animateur radio, ils passent un savon à de jeunes joueurs de bowling, ils repeignent la maison, ils dansent sur du Claude François ... mais malheureusement ils ne peuvent rien contre le temps qui s'écoule inexorablement et la maladie qui ronge le cerveau de papi.

Y'a pas à dire, il est plutôt truculent ce grand-père, il occupe l'espace telle une tornade, grâce son énergie et son extravagance débordante.
Avec lui Pascal Ruter réussit le pari de nous offrir un personnage à la fois loufoque et terriblement attachant. 
Et sous ses sourires en coin qui parsèment notre lecture, on a le coeur bien gros, gonflé par une tendresse débordante.

Un roman comme une jolie boite où on garderait des souvenirs précieux, des secrets partagés et l'amour d'une belle complicité.

Alice, qui n'avait pas hâte de voir la dernière page se tourner ...

Les avis de mes copinautes 


9 juin 2017

Le groupe de Philippe Blondel. Actes Sud, 2017

Ils sont là, regroupés dans une salle de cours, un peu plus accueillante que d'habitude. 
Ils sont là, avec leur sensibilité, leurs histoires, leurs désillusions et leurs idéaux. 
Ils sont là à se débattre parfois avec des sujets aux contraintes imposées dans cet atelier d'écriture où ils ont choisi de s'inscrire. 
Il y a Boris, Nina, Maxime, Léo, Emeline .. . Marion Grand et François Roussel, leurs professeurs.
Ensemble, ils forment le groupe. Chacun à leur manière ils sont là pour se réinventer un univers, pour provoquer les portes d'une nouvelle liberté, se dessiner des nouveaux rêves et enfouir des histoires ressassées.
Tout en pudeur et en impudeur, ils se mettent à nu, ils s'affirment et nous les accompagnons dans toute leur sincérité.

Aucune surprise avec Jean-Philippe Blondel, le texte est intime, l'écriture est  limpide, le sens de l'observation est aiguisé et il s'opère une jolie alchimie au coeur de ce roman choral qui sonne parfaitement juste.

Alice, captivée...

Retrouvez l'avis de ma copinaute Pepita

chroniqués par Alice


30 mai 2017

Heu-reux ! de Christian Voltz. Le Rouergue, 2016

C'est jour de fête au royaume de la prairie, le Roi Grobuff souhaite marier son fils-unique, le prince-taureau Jean-Georges. 
Toutes les vaches prétendantes se pressent alors et usent de leur charme pour être l'heureuse élue. Mais rien n'y fait, le prince ne succombe à aucune d'entre elles. 
Cela a le don d'agacer son père qui ne veut pas d'un mariage raté :  son fils doit être le plus HEU-REUX et puis c'est tout !
Alors, sous faux semblant de tolérance, tant pis si la future princesse n'est pas une vache, le roi décide que cela peut tout aussi bien être une truie, une chèvre, une jument ...
Mais le choix final, ne sera pas celui qu'on croit ( ni celui du roi non plus, d'ailleurs !).

On adore le graphisme identifié de Christian Voltz, ses bricolages créatifs qui donnent naissance à des personnages comiques et tellement plein de vie ! Et en plus de ça l'auteur tord le coup aux préjugés en nous invitant à plus de tolérance et à plus d'acceptation des autres. 

Un album qui rend vraiment HEU-REUX !


Alice, réjouie...




28 mai 2017

Car boy d'Anne Loyer. Thierry Magnier, 2017

Cette lecture, c'est comme un jeu de quilles :  des personnages assez distants pour ne pas se toucher, se tenant toujours droit pour ne jamais flancher... et tout d'un coup une boule  de lumière lancée à vive allure pour tout envoyer éclater, pour faire tomber les masques, pour dévoiler les secrets,  pour que les liens se créaient..

Voilà, c'est l'histoire de Raphaël, gamin cabossé qui se retrouve à devoir cohabiter au milieu d'un paysage de tôle et de ferrailles avec un père énigmatique.
Pour le déstabiliser un peu plus, il y a la découverte de l'existence d'une demi-sœur, belle comme un soleil, terriblement troublante et hypnotisante.
Et puis au milieu de ce trio qui se cherche, ...qui s'échappe,... il y a Kathia, une petite boule de vie, handicapée motrice, adoptée de tous, rayon de soleil au milieu d'une situation complexe.

Les mots d'Anne Loyer sonnent juste, chacun est consciencieusement choisi pour porter le poids des écorchures, le cri de la douleur, la colère de l'incompréhension, le respect du silence mais aussi la joie des premiers partages, les sentiments à fleur de peau et l'espoir d'un souffle nouveau.

Merci Anne de ne pas avoir cédé à la facilité, d'avoir choisi de jouer la carte de la réalité et de nous offrir ce beau texte soigné.

Parce que la vie est pleine d'accidentés, mais que rien ne peut y déroger,... juste chercher l'apaisement là où il peut se trouver.

Alice, terriblement touchée...

Retrouvez l'avis de
 ma copinaute Pepita





15 mai 2017

Lettres d'un mauvais élève de Gaia Guasti. Thierry Magnier, 2016

Souvent rangés dans la catégorie des "derniers de la classe", des "cancres", des "feignants", ... qu'en est-il vraiment de ces gamins qui n'arrivent pas à rentrer dans les cases définies par l'Education nationale ?
En 7 lettres, écrites à ses parents, à la Ministre, à la meilleure élève, au professeur qui lui a mis un avertissement,... un ado lève le voile sur ces jeunes parfois trop maladroitement étiquetés. 
Il nous fait pénétrer au coeur de sa blessure, de sa honte, de sa détresse...
Et pourtant, il suffirait parfois de trouver sur son chemin la bonne personne au bon moment. 

L'ensemble de ces courriers montre son cheminement parfois chaotique, mais pourtant plein d'espoir.

Gaia Guasti reconsidère ici l'image du cancre ; un gamin en colère contre ses parents, contre les autres, mais surtout contre lui. Alors cela nous interroge forcément sur ce que nous sommes, ce que nous renvoyons, ce que nous comprenons, ... et surtout ceux que nous éduquons.

Ce roman, c'est une petite quarantaine de pages essentielles qui nous "balancent" de plein fouet  une certaine réalité.

Alice, finalement peu étonnée...


Retrouvez la lecture commune 
de mes copinautes A l'ombre du grand arbre





11 mai 2017

Rêves en noir de Jo Witek. Actes Sud, 2013

Jill a beau vivre avec sa cécité depuis des années, quand arrive l'adolescence, elle a de plus en plus de mal a accepter son handicap. 

Lors d'une petite "liberté" nocturne, elle est témoin auditif d'une altercation où elle entend les gémissements d'un homme à terre. A partir de ce fameux soir, Jill est prise de visions nocturnes où elle voit toujours le même jeune homme en situation de danger. Aidée de ses amis, elle va donc essayer de tirer au clair ces visions  qui vont l'amener du boulevard Saint Germain à Bruxelles.

Un roman qui flirte habillement entre plusieurs mondes : l'institut pour jeunes aveugles, les visions entre rêve et réalité et une enquête policière.

C'est sûrement la mise en place de ces hallucinations prémonitoires qui donne de l'impulsion à ce récit, qui sans cela aurait pu rester assez classique. On apprécie aussi  à la lecture, cette immersion réaliste dans le monde des non-voyants ;  aucun détail n'est oublié, tout es traité avec une justesse reconnaissable et sans pathos.

Un roman fluide qui sait largement capter le lecteur par sa précision et son mélange des genres.

Alice, .. a bien aimé.

7 mai 2017

Sauveur & fils, Saison 3 de Marie-Aude Murail. EDL, 2016

Comme j'avais hâte de retrouver Sauveur !
Sous une pluie de confettis je pousse la porte du cabinet de ce psychologue antillais  avec le plaisir de me plonger de nouveau dans les histoires de vie d'Ella, Gabin, Maëlys, Blandine, ...

Quoi de neuf ? Ils sont toujours là, chacun avec sa pathologie,  mais tous toujours entourés de la bienveillance et du dévouement de leur thérapeute.
Bien sûr, il y a aussi de nouveaux patients mais le plus important  à mon avis dans ce tome 3, c'est la vie privée de Sauveur. Cet homme si fort, si inébranlable, nous parait un peu plus vulnérable mais toujours aussi touchant. 
Pas toujours facile, au milieu de son défilé de rendez-vous, de gérer sa famille recomposée, ces "invités" qui ont fini par s'installer, sa vie de couple, son rôle de père ... 
Les patients sont de plus en plus envahissants mais Sauveur ne doit pas se laisser déborder s'il veut préserver son couple.

Voilà la force de Marie-Aude Murail :  arriver à relancer l'intrigue, à donner de la substance à ce qu'elle a déjà construit dans les saisons précédentes, à s'appuyer sur la réalité de notre société et à créer une proximité qui pousse à l'addiction.

Tout cela est orchestré avec tant d'intelligence et de finesse que l'on ne peut que savourer ... et patienter pour le tome 4 qui va bientôt arriver ...

Alice, emballée ..


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pepita


30 avr. 2017

Silhouette de Jean-Claude Mourlevat. Gallimard, 2013

Voilà un recueil de nouvelles audacieux où le parti-pris de l'auteur est que toutes les histoires se finissent mal, voir très mal. Et c'est lui-même qui le dit !

D'un coup de maître, il arrive à imaginer pour ses 10 nouvelles des chutes cyniques, sinistres, machiavéliques, .. de sorte que l'on se laisse surprendre à chaque fois par la fluidité de l'intrigue et sa conclusion souvent caustique. 
On rencontre Pauline, heureuse d'être figurante dans le prochain film de son acteur favori, on croise Guillaume qui a oublié de sortir le chat de la maison, on fait la connaissance d'un escroc qui a volé le manuscrit d'un écrivain ... Des personnages ordinaires que Mourlevat manie avec dextérité pour mieux pointer l'absurdité du monde. Tout s'enchaîne simplement, sans concession, et l'on se plait à imaginer ce qui va bien pouvoir arriver de terrible à chaque nouveau personnage. 

Une mise en abîme finale conclue ce recueil, comme une cerise sur le gâteau, pour ces 10 contes cruels qui se savourent drôlement.

Alice, surprise ...


27 avr. 2017

Le fantôme de Sarah Fisher d'Agnès Laroche. Rageot, 2011

Quand elle se réveille "fantôme", Sarah Fisher n'y comprend plus rien. 
Mais quand Lord Fletcher lui propose de "repartir" dans la vie réelle pour élucider la chute qu'elle a fait depuis le haut de la falaise et qui lui a coûté la vie, elle n'hésite pas une seconde. 
La voilà donc de retour dans son orphelinat, sous les traits d'une autre personne, pour découvrir  à qui appartient la main qui l'a poussé dans le vide.

Quelle intrigue bien menée !
Agnès Laroche arrive à nous plonger rapidement dans les conspirations de cette mystérieuse Angleterre victorienne et la pointe de fantastique apporte ce petit plus à une fiction classique mais parfaitement écrite et maîtrisée.
Il y a des manigances, des soupçons, des questionnements, ... et les 150 pages de ce  roman s'avalent en un rien de temps.

Alice, charmée...




25 avr. 2017

D'entre les ogres de Gilles Baum et Thierry Dedieu. Seuil, 2017

Il y a cet oeil noir et cerné qui nous fixe dés la couverture. Puis notre regard s'accroche sur le teint blafard, sur cette petite main inquiétante qui tient un couteau bien plus grand qu'elle et sur ce gateau qui cache une partie de ce visage qui à la fois nous interpelle et nous met mal à l'aise.
Alors on découvre les premieres pages de cet album.
Identique a celui de la couverture, le trait reste ténébreux, sec, appuyé et laisse présager une histoire sombre. 
Et pourtant... Et pourtant non, c'est l'histoire du bonheur d'une adoption attendue par un couple d'ogres. Blanche, cette petite fille abandonnée dans la forêt, est la plus heureuse et la plus gâtée des enfants enveloppée de l'affection et l'attention de ses parents.
Mais derrière ce bonheur se cache la difficile réalité de cet adoptants imparfaits et l'animosité envers une famille stigmatisée.

Les illustrations, le texte, ... tout se complète et agit sur le lecteur comme un révélateur affirmant que les différences n'y font rien, que les blessures peuvent être très douloureuses mais que l'amour est plus fort que tout.

Thierry Dedieu et Gilles Baum signent un album surprenant qui , sous son apparente brutalité, s'illumine d'une beauté inattendue.

Alice, bousculée...

23 avr. 2017

Appuyez sur étoile de Sabrina Bensalah. Sarbacane, 2017

Il se dégage des romans de la collection Exprim' une singularité et une générosité que j'ai toujours plaisir à retrouver.
Singularité de la thématique, générosité des personnages, ... Sabrina Bensalah tape juste.

Elle nous parle d'Avril, cette jeune ado de 19 ans, coiffeuse à domicile, dont le rêve est de remporter un concours de coiffure. 
Mais a elle seule, Avril serait presque banale, toute son humanité, elle l'a met à profit de ceux qui l'entourent : ses petites mamies qu'elle prend plaisir à shampouiner et à mettre en beauté, son ami Tarik qui rêve d'ouvrir le premier kebab étoilé et dont Avril est la première cliente à goûter les nouvelles recettes, son père qu'elle bouscule gentiment pour l'aider à sortir la tête hors de l'eau après le départ de son épouse et surtout sa grand-mère, Mémé, ancienne hôtesse dans un bar à champagne qui vient d'apprendre qu'elle ne s'était pas complètement débarrassée de sa tumeur au cerveau et que ses jours sont comptés.
Avril n'a alors plus qu'un seul but : d'un petit coup de baguette magique, accompagner Mémé dans ses derniers jours et lui offrir un au revoir à la hauteur de ses rêves.

Voilà, parce que chaque jour est fait de peine mais aussi de joie, la vie d'Avril c'est la vie comme elle va ; avec ses douleurs et ses bonheurs, ses émotions et ses déséquilibres, ses preuves d'amour et ses désillusions , ses rêves et son inévitable fatalité.

Mince Avril, que vas-tu devenir maintenant que Mémé n'est plus là ? Et Tarik ? Et le nouveau traversin de papa ? Vous me manquez déjà ... Avec vous, je me sentais au milieu d'une belle famille bienveillante et rassurante ... prête à décrocher les étoiles...

Alice, illuminée...




21 avr. 2017

La nébuleuse Alma de Luc Blanvillain. EDL, 2016

Au centre de cette fiction, Alma flotte, vaporeuse et parfois confuse, en essayant de se démêler d'un quotidien déroutant.

Elle tourbillonne dans les bras de Robin.
Elle se questionne sur l'éloignement souhaité de sa meilleure amie. 
Elle ne se trouble presque plus de la bulle d'amour dans laquelle se lovent ses parents.
Elle s'étonne devant la proximité de son prof de français.
Elle se laisse aller à la confidence devant les questions et la logique imparable de son petit frère, Octave.
Elle apprend  l'entraide et la solidarité.

Elle, d'ordinaire si banale, sent bien qu'il y a quelque chose qui cloche. Nous même, en tant que lecteur, au milieu de tout ce petit monde, on se laisse aller à divers soupçons, sans découvrir réellement la révélation finale (enfin, moi en tout cas, ...).


La plume de Luc Blanvillain est toujours ponctuée de cette touche légère qui rend la lecture plaisante. L'auteur a aussi cette capacité à nous présenter des personnages singuliers très attachants ; un coup de coeur particulier pour Octave adorablement inventif !
Mais malgré tout, cette lecture me laisse dubitative. Bien trop de thèmes se mélangent et surtout, tellement de situations me paraissent invraisemblables. 

Une lecture finie avec le sentiment de l'avoir survolée, tant je n'ai pas réussi à m'y plonger.

Alice, perplexe...


Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Pepita

6 avr. 2017

Prends garde à toi de Fanny Chiarello. EDL, 2013

Je crois avoir bien compris le souhait de l'auteur de nous proposer une lecture au second degré... mais manque de bol, je n'y suis pas arrivée. 

Louise, l'héroïne, m'a exaspéré du début à la fin.. Son attitude de petite peste pourrie gâtée, son égoïsme, ses certitudes, ses jeux de manipulatrice, son comportement prétentieux, son arrivisme, sa jalousie .... beaucoup trop pour moi.
Bien sûr, Fanny Chiarello fait évoluer le personnage, le pose face à son ego surdimentionné, le met face à son double beaucoup plus sage  et réconcilie tout son petit monde à la fin, mais tout cela me laisse bien perplexe.
Certes des questions sont posées  (la place de la culture dans l'éducation  par exemple ) mais finalement je n'ai trouvé que peu d'enjeu au coeur de ce roman à part l'expression de la jalousie d'une ado et, de manière sous-jacente, une réflexion sur la concurrence entre jeunes.

Pourtant, sur la forme, on ne peut rien reprocher à l'auteur qui manie la langue et l'écriture stylistique de manière impeccable, mais cela n'a pas suffit pour me captiver.

Alice, agacée ...

Retrouvez l'avis de ma 

4 avr. 2017

Coeur de bois d'Henri Meunier et Régis Lejonc. Editions Notari, 2016.

Dans cette ambiance hivernale un peu floutée, il y a Aurore, cette jeune femme élégante qui  mène sa vie entre plaisir et assurance. 
Aurore qui s'enfonce doucement et habituellement dans cette forêt mystérieuse à la fois préoccupante et captivante. 
Vers où nous mène-t-elle ? Nous ne le savons pas vraiment...

Alors, on prend le temps d'apprécier la qualité du texte, de savourer les détails descriptifs, de s'installer dans cette atmosphère mystérieuse... et quasiment au milieu du livre, au détour d'une page, sans prévenir, les auteurs nous retournent littéralement. 

Bien plus qu'une surprise, le lecteur se trouve abasourdi par la révélation.

Et sans trop vous en dire, parce qu'il ne le faut pas ... je vous confierai simplement que c'est une belle variation autour d'un conte classique, un magnifique texte sur la résilience, une oeuvre littéraire à la fois magique et exceptionnelle.

Un véritable cri du coeur, un véritable coup de coeur.


Alice, fascinée...

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pépita

2 avr. 2017

La cérémonie d'hiver d'Elise Fontenaille. Le Rouergue, 2010

Eden est une écorchée vive qui s'embarrasse de peu de choses. 
Seule, avec son aigle Sky, elle n'a qu'un seul but dans la vie : venger la mort de sa grand-mère.
Alors,comme les flèches symboles de ses origines indiennes, elle vise juste, elle fuse et elle touche.
Elle avance, efficace et percutante, pour évacuer sa colère et son sentiment d'injustice.
Mais elle n'est pas seulement un bras vengeur, elle est aussi l'incarnation de la reconnaissance de son peuple et alors forcément, même si elle va trop loin, le lecteur la suit dans sa quête sans aucun jugement.

Et quand la fin tombe, surprenante, poétique et abrupte, on se rend compte alors que l'on s'est attaché à Eden sans vraiment s'en rendre compte. 

En s'appuyant sur un fait divers réel, Elise Fontenaille arrive à nous embarquer dans une fiction puissante, un véritable hymne à la liberté, admirablement bien servi par son écriture épurée et incisive.


Alice, touchée au coeur...



28 mars 2017

Lenny et Lucy de Philip C. et Erin E. Stead.Kaléidoscope, 215.

C'est un peu angoissant un déménagement.. 
On emprunte une route inconnue, on traverse des forêts, on se retrouve dans une maison pas toujours accueillante et on se sent un peu perdu dans un environnement peu tranquillisant.
En compagnie de son chien Harold, Peter regarde par la fenêtre et cherche comment se rassurer. Quelques couvertures et coussins entassés plus tard, le gardien de la maison prend vie. Il s'appellera Lenny et, dans le jardin, face au pont, il surveillera jour et nuit que la sombre forêt reste bien à sa place.
C'est sécurisant de se sentir protégé, Peter pourra désormais dormir sereinement. 

Sur un fil fragile entre réalité et imaginaire, un album tout en finesse pour aborder une angoisse enfantine.
Le travail sur les illustrations est vraiment remarquable. Crayonnées dans des nuances de gris, elles offrent une force visuelle très intéressante.  On y trouve ce vide évocateur, ces détails chargés d'émotion, ces pointes de couleur familières et cette lumière réconfortante. 

Complétées par un texte rare,  elles nous offrent au final un album discret, précieux, lent... tout en sobriété et en finesse. 

Alice, presque intimidée, ...


14 mars 2017

Le pire anniversaire de ma vie de Benjamin Chaud. Hélium, 2016

Recevoir une invitation d'anniversaire, c'est toute une excitation ! Surtout quand il s'agit de l'anniversaire de la jolie-Julie ! Alors, on fait des efforts pour trouver la bonne idée cadeau, on soigne l'empaquetage et on choisit son plus beau déguisement. 
Mais arrivé chez Julie, rien ne se passe comme prévu : d'autres invités sont là, l'anniversaire n'est pas déguisé, il ya beaucoup trop de scotch sur le paquet et tout se colle dans les cheveux de la jolie-Julie.
Que la vie est dure ! Il ne reste plus à notre petit bonhomme qu'à cacher son cadeau trop collant sous les coussins et à se réfugier tout en haut de l'arbre au milieu du jardin.
De longue attente en bouderie, la petite consolation se fera attendre... mais finira par arriver !

Les illustrations de Benjamin Chaud fourmillent de détails et de fantaisie. 
La tristesse et les gaffes de notre petit héros le rendent d'autant plus attendrissant.
Et l'histoire rappelle forcément  ces situations ridicules que chacun de nous peut avoir vécu.
Mais l'amour, que voulez-vous, cela fait perdre la tête !

Finalement, il était plutôt bien cet anniversaire !

Alice, tout en tendresse...


Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Pépita




12 mars 2017

Station sous-paradis de Jean-Luc Luciani. Le Muscadier, 2016

En plein mois de juillet, c'est un peu l'ennui pour les jumeaux Max et Eddy mais ils sont prêts à tout pour suivre Miranda qui leur propose toujours des aventures palpitantes (rentrer dans un cimetière et s'allonger sur des tombes, par exemple).
Pas loin d'eux, on fait connaissance de Gorki, qui vient de racheter une station essence et qui attend que les jours passent en compagnie de Gus, un prof dépressif.

Ce qui va réunir tout ce petit monde ? Une révolte écologique : le refus de voir une forêt d'arbres partir en sciure pour voir s'implanter à la place un golf de 25 hectares.
A sa manière, chacun d'eux va alors participer à ce combat local et trouver du sens à cette action pour lutter contre l'incertitude de l'avenir.

Une fiction qui n'est pas s'en faire écho à l'actualité : on entre dans le livre avec une dédicace à Rémi Fraisse et l'ombre de Notre Dame des landes n'est jamais bien loin.
Un roman engagé, comme tous ceux de la collection "Rester vivant" des editions du Muscadier, mais qui reste  très adroit pour que chacun se forge son propre avis. 

Alice, un autre regard...

9 mars 2017

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot. Sarbacane, 2016

B. est un inconnu pour nous et pourtant il est très vite comme nous : un gamin blessé par la douleur, la rancoeur et la colère le lendemain de la fusillade qui a emporté plus de 130 personnes.

B. est un gamin paumé qui dans cet acte barbare a surtout perdu son frère.

Sans vraiment réaliser, il quitte l'hôpital, il erre et  il croise un des tueurs dans une rame de métro. 
Sans vraiment savoir pourquoi, il le suit, le piste et arrive à se faufiler dans l'appartement où le tueur avait choisi de se réfugier.
Sans vraiment arriver à se maîtriser, B. séquestre le tueur et sa soeur en faisant preuve d'une violence physique et psychologique incontrôlable. 

Le huis clos est éprouvant, parfois hasardeux, mais surtout instinctif sans cesser de questionner le lecteur.
L'issue sera-t-elle excessive ? Impossible ? Fatale ?

On sent dans l'écriture de Vincent Villeminot, le besoin immédiat de libérer des mots pour comprendre et vaincre la peur. Et par un coup de maître, sans transigeance, il arrive à réconcilier l'impossible après un acte d'une barbarie innommable.

Entre violence et confession, il nous offre ici tout l'espoir d'une société rudement fragilisée.

Alice, qui a envie d'un peu d'humanité ...

Retrouvez l'avis de mon ado



7 mars 2017

Rond rouge de Claire Garralon.Actes Sud, 2012.

Un rond rouge, c'est un rond rouge me direz-vous... 
Et bien non, il y en a des grands, des petits, et puis il y a des rouges foncés et d'autres plus clairs, certains sont presque ovales et d'autres tendent vers le carré. 
Alors en fait, un rond rouge ne ressemble quasi jamais à un autre rond rouge.
Chacun est unique, tous sont différents mais ensemble ils forment un monde de ronds rouges, un monde où il fait bon se regrouper pour que le monde tourne... un peu plus rond.

Avec un graphisme simple, soigné et esthétique et quelques mots parsemés, Claire Garralon arrive à aiguiser l'oeil artistique des enfants, mais pas que... 
Cet petit cartonné éveille aussi le tout jeune lecteur et le questionne sur son appartenance au monde et son rapport à l'autre.

Un petit trésor de lecture, comme j'aime en découvrir !

Alice, charmée..



5 mars 2017

Sur la route d'Indianapolis de Sébastien Gendron. Magnard, 2016

La vie de Lilian, 11 ans, n'est pas franchement trépidante. Alors quand son père lui propose de l'accompagner aux States pour un  déplacement professionnel, il a vite fait de faire sa valise et de sauter dans le premier avion.
Après un séjour à Chicago chez sa tante, Lilian doit ensuite rejoindre son père à Indianapolis.
Seul, à bord d'un bus, le voilà parti pour 500kms de route.

Tout se passe plutôt bien jusqu'à un arrêt-pipi où le bus redémarre sans lui.
Place alors au scénario rocambolesque : un avion fonce à ras de terre sur la route et pour se sauver Lilian se retrouve embarqué dans une voiture transportant un réfrigérateur rempli de billets de banque en compagnie d'adultes peu recommandables. Pour s'en sortir, il n'aura d'autre solution que de partir à bord d'un hélicoptère et de finir sur le siège arrière d'une moto de riders  américains.

Whaou, que de péripéties, et je ne vous ai pas tout dit !

Un roman un peu dingue mais plutôt enthousiasmant. On sent que Sébastien Gendron s'est drôlement amusé à l'écrire et  à nous faire partager son amour et sa connaissance des Etats-Unis.
On le soupçonnerait même d'avoir glissé dans cette invraisemblable aventure quelques anecdotes autobiographiques...

Alice, entre rêve et réalité...

2 mars 2017

Charly et moi d'Agnès Larroche.Auzou, 2015

Diane est une ado frêle et isolée, grignotée par une maladie du coeur dont elle doit bientôt être opérée. Surprotégée par une maman inquiète, elle traîne ses journées à la maison en tenant un fichier des voisins  pour se trouver une excuse d'aller à leur rencontre et créer ce lien social qui lui manque tant ! 
Et puis un jour, Charly déboule dans sa vie. Comme elle, un ado en retrait, défiguré depuis quelques mois par une vilaine balafre suite un accident de scooter. 
Il n'en faut pas plus à nos deux ados pour fraterniser !
De moments de partage en projet commun autour du dessin, ils deviennent vite inséparables. 
Mais un jour, Charly disparait ...

On apprécie la plume fluide d'Agnès Laroche et sa volonté à nous dresser le portrait de deux ados finalement capables d'accepter leur faiblesse et de sortir de leurs limites. Diane, la fille volontaire et intelligente et Charly, le garçon artiste et sensible forment un joli duo uni et épanoui.
Dans ce roman pas bien épais, l'auteur sait aussi jouer la carte de l'intrigue et du suspens pour une lecture plaisante qui ne manquera pas de séduire nos jeunes (pré)ados.

Alice, qui a été intriguée par un lapin bleu ...



28 févr. 2017

Les groneuneux de Michaël Escoffier et Julia Weber. Frimousse, 2016

Qui n'a jamais rêvé d'un gros paradis plein de détritus ?? Les Groneuneux bien sûr !

Imaginez cette planète où les nuages sont toxiques, où les enfants mangent des crottes de nez et où les parents ont pour mission de vendre des boîtes de conserve vides sur les places des marchés.
Une planète polluée où le roi prône l'hyper consommation et ne se soucie nullement des conséquence sur l'avenir des enfants ... et encore moins celui de la planète !

Bref, vous l'aurez compris en prenant le contre pied des préoccupations actuelles, Michaël Escoffier et Julia Weber se font porteurs d'un message pour en appeler à notre morale écologique ! 
Ces étonnantes bestioles drôlatiques feront à coup sûr de l'oeil à nos bambins et c'est tant mieux !

Un album décalé et  ironique qui ne peut que nous piquer dans notre conscience : à nous de faire le nécessaire si l'on ne veut pas devenir un GRONEUNEUX !


Alice, engagée... 
qui aime particulièrement l'impertinence de Michaël Escoffier



26 févr. 2017

Strada Zambila de Fanny Chartres . EDL, 2017.

Strada Zambila, c'est une rue de Bucarest. 
Une rue d'aujourd'hui, en Roumanie,  où habitent Ilinca et Zoé avec leurs grands-parents.
Pour quelques mois, leurs parents sont partis en France trouver un emploi et améliorer leur  cadre de vie. 
Dur-dur cette absence pour Ilinca.  Entre colère et tristesse, elle a bien du mal à comprendre et accepter cet éloignement. Elle aimerait bien que ses parents soient à ses côtés pour Noël, mais cette éventualité ne semblent pas envisageable.
Trop c'est trop ! Ilinca claque l'écran de l'ordinateur et coupe court à la discussion SKYPE.
Au milieu de ce bouillonnement rageur, elle voit alors s'ouvrir une bouffée d'oxygène : un concours d'art plastique pour lequel elle fait équipe avec un camarade de classe Florin. Ensemble, il vont parcourir les rues de la ville appareil photo sous le bras et vers de poésie dans la tête. L'occasion pour Ilinca de trouver du réconfort mais aussi de se frotter à la réalité de certains préjugés, d'acte raciste et de contradictions. 

Un roman qui nous invite à visiter Bucarest avec un autre oeil : on découvre les dessous intimes de cette ville qui traîne avec elle un bagage historique complexe et une population qui cherche encore parfois sa place et son identité. Comment y vivre alors, quand on s'y sent comme un étranger ?
Fanny Chartres nous invite délicatement  a trouver la voie avec tolérance et simplicité.

Alice, un peu plus éclairée...



17 févr. 2017

Traits d'union de Cécile Chartre. Le Muscadier, 2016

A seulement 18 ans, Thibault a décidé sur un coup de tête semble-t-il, de se marier avec cette jeune fille rencontré quelques mois plus tôt. 
Il y a quelque chose qui cloche dans ce mariage...
D'invité en invité, on s'immisce dans la tête de chacun et l'on ressent l'incompréhension ambiante. 
Il y a le garçon d'honneur qui a bien d'autres chats à fouetter, l'amoureuse-malheureuse terrassée par cette décision, la mère-super-organisatrice peut être un peu trop envahissante, la tata Odette qui pense que ce mariage est une bien belle bêtise... et puis il y a Charline qui a tout vu et qui va bientôt tout nous révéler.  
Jusqu'au déballage final, Cécile Chartre contrôle parfaitement son récit. Elle maîtrise son écriture impertinente, elle nous amuse avec son ton drolatique et nous surprend par sa capacité à inventer des situations inattendues. C'est toujours un peu la pagaille dans ses histoires, mais tout est bien clair dans sa tête et son intrigue est plutôt bien ficelée ; plus que parfaite je dirais même, puisque jusqu'à la dernière page, je me suis laissée surprendre.

Un roman sur la vie, celle de tous les jours, celle qui nous entoure, celle qu'il faut parfois supporter, celle qui ne nous oblige pas à tout accepter...

Alice, séduite...


14 févr. 2017

Les dimanches de Romulus de Paul Echegoyen et Amélie Videlo. Marmaille et compagnie, 2016

Il a de bonnes grosses joues Romulus. 
Des joues de gros matou à qui on a toujours envie de faire un câlinou.
Avec lui, la vie s'écoule pépére jour après jour dans une ambiance douce-heureuse, tranquille et harmonieuse.
Tous les jours, sauf le dimanche !
Le dimanche, c'est chacun de son côté et pendant que son jeune maître s'ennuie, Romulus vit des aventures extraordinaires ! Il fait exploser les couleurs, pétiller les activités, déborder l'énergie et foisonner l'imagination. 
Un chat qui peut faire tout ça ? Vous êtes bien sûrs ...

Un sympathique album, tendrement affectueux et visuellement efficace sur la relation d'un enfant à son animal.
Grâce à l'originalité du parti pris graphique, on devine l'enjeu qui se joue entre ce drôle de chat et son jeune maître.

Une belle histoire d'amitié originale et  très pop !

Alice, amusée...


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Sophie




12 févr. 2017

Amour mortel de Gilles Abier. Actes Sud, 2013

J'ai beau être habituée, les fins brutales des romans de Gilles Abier  me surprennent à chaque fois. 
Dans ce roman, j'ai retrouvé la qualité de la plume de l'auteur et son exigence à ménager le suspense, à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière phrase en nous laissant ébranlé par la révélation finale.
Une révélation qui m'a certes parue peu probable, mais que je n'aurais malgré tout pas imaginé.

L'histoire ? A chaque fois que Lucie rencontre un garçon qui lui plait, celui-ci meurt dans des circonstances troublantes. Hasard ? Malédiction ? Réfugiée chez sa grand-mère, Lucie apprend alors un étonnant secret de famille qui pourrait avoir un lien avec ces accidents et cette situation cauchemardesque.

L'idée de départ était plutôt intrigante, mais je me retrouve au final avec entre les mains roman un peu moins convaincant qu'il n'y paraissait.
Je reste bluffée par l'imagination et la virtuosité narrative de l'auteur ; mais je me trouve frustrée par une histoire qui  à mon goût manque de crédibilité. 

Alice, en demie-teinte...

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Bouma





7 févr. 2017

Un ours, des ours de François David. Sarbacane, 2016.

Un album grand format, il fallait bien ça pour rendre hommage à cet imposant animal aussi attirant que dangereux !
Il y a des ours, des ourses, des gentils, des grizzlis, des comiques, des sereins, des nounours, des ours polaires, des malins, des ours en kit, des romantiques... tout un catalogue de plantigrades mis en valeur par 32 illustrateurs qui ont répondu à la commande "Dessine-moi un ours !"

Et à côté de chaque illustration, François David s'est amusé à nous ciseler des poèmes souvent décalés comme pour nous frotter à des univers impossibles, à des rêves irréalisables.

Malgré tout, on obtient une véritable unité de sens grâce à une seule et unique plume mais aussi un rapport texte-image plutôt pertinent.

Un très beau livre qui résonne comme un véritable hommage : l'ours, un sujet pourtant commun, qui semble ici inépuisable.

31 janv. 2017

Quand il fait nuit d'Akiko Miyakoshi. Syros, 2016

A l'heure où la nuit tombe, bien blotti dans les bras de maman, un petit lapin rentre chez lui. 
La tête posée sur l'épaule de sa mère, avant que ses yeux ne se ferment doucement, il observe...
Il observe, le temps d'une ballade nocturne et paisible, les commerçants qui ferment leur boutique ; il voit des personnes qui rentrent chez elles, il imagine des scénario  à travers les fenêtres illuminées , il devine des silhouettes qui se faufilent...
Comme tous les habitants de la ville, l'heure arrive alors de se glisser dans son lit, la tête pleine de rêves dans un profond état de quiétude.
La qualité du trait au fusain d' Akiko Miyakoshi donne tout son sens à cette histoire. Grâce à la finesse de ses illustrations, l'auteur maîtrise avec brio cette atmosphère de fin de journée, où le silence se fait et où la ville hésite entre ombre et lumière.

Une histoire à savourer juste avant de se coucher : remarquable !

Retrouvez l'avis
de ma copinaute Pépita