27 avr. 2017

Le fantôme de Sarah Fisher d'Agnès Laroche. Rageot, 2011

Quand elle se réveille "fantôme", Sarah Fisher n'y comprend plus rien. 
Mais quand Lord Fletcher lui propose de "repartir" dans la vie réelle pour élucider la chute qu'elle a fait depuis le haut de la falaise et qui lui a coûté la vie, elle n'hésite pas une seconde. 
La voilà donc de retour dans son orphelinat, sous les traits d'une autre personne, pour découvrir  à qui appartient la main qui l'a poussé dans le vide.

Quelle intrigue bien menée !
Agnès Laroche arrive à nous plonger rapidement dans les conspirations de cette mystérieuse Angleterre victorienne et la pointe de fantastique apporte ce petit plus à une fiction classique mais parfaitement écrite et maîtrisée.
Il y a des manigances, des soupçons, des questionnements, ... et les 150 pages de ce  roman s'avalent en un rien de temps.

Alice, charmée...




25 avr. 2017

D'entre les ogres de Gilles Baum et Thierry Dedieu. Seuil, 2017

Il y a cet oeil noir et cerné qui nous fixe dés la couverture. Puis notre regard s'accroche sur le teint blafard, sur cette petite main inquiétante qui tient un couteau bien plus grand qu'elle et sur ce gateau qui cache une partie de ce visage qui à la fois nous interpelle et nous met mal à l'aise.
Alors on découvre les premieres pages de cet album.
Identique a celui de la couverture, le trait reste ténébreux, sec, appuyé et laisse présager une histoire sombre. 
Et pourtant... Et pourtant non, c'est l'histoire du bonheur d'une adoption attendue par un couple d'ogres. Blanche, cette petite fille abandonnée dans la forêt, est la plus heureuse et la plus gâtée des enfants enveloppée de l'affection et l'attention de ses parents.
Mais derrière ce bonheur se cache la difficile réalité de cet adoptants imparfaits et l'animosité envers une famille stigmatisée.

Les illustrations, le texte, ... tout se complète et agit sur le lecteur comme un révélateur affirmant que les différences n'y font rien, que les blessures peuvent être très douloureuses mais que l'amour est plus fort que tout.

Thierry Dedieu et Gilles Baum signent un album surprenant qui , sous son apparente brutalité, s'illumine d'une beauté inattendue.

Alice, bousculée...

23 avr. 2017

Appuyez sur étoile de Sabrina Bensalah. Sarbacane, 2017

Il se dégage des romans de la collection Exprim' une singularité et une générosité que j'ai toujours plaisir à retrouver.
Singularité de la thématique, générosité des personnages, ... Sabrina Bensalah tape juste.

Elle nous parle d'Avril, cette jeune ado de 19 ans, coiffeuse à domicile, dont le rêve est de remporter un concours de coiffure. 
Mais a elle seule, Avril serait presque banale, toute son humanité, elle l'a met à profit de ceux qui l'entourent : ses petites mamies qu'elle prend plaisir à shampouiner et à mettre en beauté, son ami Tarik qui rêve d'ouvrir le premier kebab étoilé et dont Avril est la première cliente à goûter les nouvelles recettes, son père qu'elle bouscule gentiment pour l'aider à sortir la tête hors de l'eau après le départ de son épouse et surtout sa grand-mère, Mémé, ancienne hôtesse dans un bar à champagne qui vient d'apprendre qu'elle ne s'était pas complètement débarrassée de sa tumeur au cerveau et que ses jours sont comptés.
Avril n'a alors plus qu'un seul but : d'un petit coup de baguette magique, accompagner Mémé dans ses derniers jours et lui offrir un au revoir à la hauteur de ses rêves.

Voilà, parce que chaque jour est fait de peine mais aussi de joie, la vie d'Avril c'est la vie comme elle va ; avec ses douleurs et ses bonheurs, ses émotions et ses déséquilibres, ses preuves d'amour et ses désillusions , ses rêves et son inévitable fatalité.

Mince Avril, que vas-tu devenir maintenant que Mémé n'est plus là ? Et Tarik ? Et le nouveau traversin de papa ? Vous me manquez déjà ... Avec vous, je me sentais au milieu d'une belle famille bienveillante et rassurante ... prête à décrocher les étoiles...

Alice, illuminée...




21 avr. 2017

La nébuleuse Alma de Luc Blanvillain. EDL, 2016

Au centre de cette fiction, Alma flotte, vaporeuse et parfois confuse, en essayant de se démêler d'un quotidien déroutant.

Elle tourbillonne dans les bras de Robin.
Elle se questionne sur l'éloignement souhaité de sa meilleure amie. 
Elle ne se trouble presque plus de la bulle d'amour dans laquelle se lovent ses parents.
Elle s'étonne devant la proximité de son prof de français.
Elle se laisse aller à la confidence devant les questions et la logique imparable de son petit frère, Octave.
Elle apprend  l'entraide et la solidarité.

Elle, d'ordinaire si banale, sent bien qu'il y a quelque chose qui cloche. Nous même, en tant que lecteur, au milieu de tout ce petit monde, on se laisse aller à divers soupçons, sans découvrir réellement la révélation finale (enfin, moi en tout cas, ...).


La plume de Luc Blanvillain est toujours ponctuée de cette touche légère qui rend la lecture plaisante. L'auteur a aussi cette capacité à nous présenter des personnages singuliers très attachants ; un coup de coeur particulier pour Octave adorablement inventif !
Mais malgré tout, cette lecture me laisse dubitative. Bien trop de thèmes se mélangent et surtout, tellement de situations me paraissent invraisemblables. 

Une lecture finie avec le sentiment de l'avoir survolée, tant je n'ai pas réussi à m'y plonger.

Alice, perplexe...


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ma copinaute Pepita

6 avr. 2017

Prends garde à toi de Fanny Chiarello. EDL, 2013

Je crois avoir bien compris le souhait de l'auteur de nous proposer une lecture au second degré... mais manque de bol, je n'y suis pas arrivée. 

Louise, l'héroïne, m'a exaspéré du début à la fin.. Son attitude de petite peste pourrie gâtée, son égoïsme, ses certitudes, ses jeux de manipulatrice, son comportement prétentieux, son arrivisme, sa jalousie .... beaucoup trop pour moi.
Bien sûr, Fanny Chiarello fait évoluer le personnage, le pose face à son ego surdimentionné, le met face à son double beaucoup plus sage  et réconcilie tout son petit monde à la fin, mais tout cela me laisse bien perplexe.
Certes des questions sont posées  (la place de la culture dans l'éducation  par exemple ) mais finalement je n'ai trouvé que peu d'enjeu au coeur de ce roman à part l'expression de la jalousie d'une ado et, de manière sous-jacente, une réflexion sur la concurrence entre jeunes.

Pourtant, sur la forme, on ne peut rien reprocher à l'auteur qui manie la langue et l'écriture stylistique de manière impeccable, mais cela n'a pas suffit pour me captiver.

Alice, agacée ...

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4 avr. 2017

Coeur de bois d'Henri Meunier et Régis Lejonc. Editions Notari, 2016.

Dans cette ambiance hivernale un peu floutée, il y a Aurore, cette jeune femme élégante qui  mène sa vie entre plaisir et assurance. 
Aurore qui s'enfonce doucement et habituellement dans cette forêt mystérieuse à la fois préoccupante et captivante. 
Vers où nous mène-t-elle ? Nous ne le savons pas vraiment...

Alors, on prend le temps d'apprécier la qualité du texte, de savourer les détails descriptifs, de s'installer dans cette atmosphère mystérieuse... et quasiment au milieu du livre, au détour d'une page, sans prévenir, les auteurs nous retournent littéralement. 

Bien plus qu'une surprise, le lecteur se trouve abasourdi par la révélation.

Et sans trop vous en dire, parce qu'il ne le faut pas ... je vous confierai simplement que c'est une belle variation autour d'un conte classique, un magnifique texte sur la résilience, une oeuvre littéraire à la fois magique et exceptionnelle.

Un véritable cri du coeur, un véritable coup de coeur.


Alice, fascinée...

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de ma copinaute Pépita

2 avr. 2017

La cérémonie d'hiver d'Elise Fontenaille. Le Rouergue, 2010

Eden est une écorchée vive qui s'embarrasse de peu de choses. 
Seule, avec son aigle Sky, elle n'a qu'un seul but dans la vie : venger la mort de sa grand-mère.
Alors,comme les flèches symboles de ses origines indiennes, elle vise juste, elle fuse et elle touche.
Elle avance, efficace et percutante, pour évacuer sa colère et son sentiment d'injustice.
Mais elle n'est pas seulement un bras vengeur, elle est aussi l'incarnation de la reconnaissance de son peuple et alors forcément, même si elle va trop loin, le lecteur la suit dans sa quête sans aucun jugement.

Et quand la fin tombe, surprenante, poétique et abrupte, on se rend compte alors que l'on s'est attaché à Eden sans vraiment s'en rendre compte. 

En s'appuyant sur un fait divers réel, Elise Fontenaille arrive à nous embarquer dans une fiction puissante, un véritable hymne à la liberté, admirablement bien servi par son écriture épurée et incisive.


Alice, touchée au coeur...



28 mars 2017

Lenny et Lucy de Philip C. et Erin E. Stead.Kaléidoscope, 215.

C'est un peu angoissant un déménagement.. 
On emprunte une route inconnue, on traverse des forêts, on se retrouve dans une maison pas toujours accueillante et on se sent un peu perdu dans un environnement peu tranquillisant.
En compagnie de son chien Harold, Peter regarde par la fenêtre et cherche comment se rassurer. Quelques couvertures et coussins entassés plus tard, le gardien de la maison prend vie. Il s'appellera Lenny et, dans le jardin, face au pont, il surveillera jour et nuit que la sombre forêt reste bien à sa place.
C'est sécurisant de se sentir protégé, Peter pourra désormais dormir sereinement. 

Sur un fil fragile entre réalité et imaginaire, un album tout en finesse pour aborder une angoisse enfantine.
Le travail sur les illustrations est vraiment remarquable. Crayonnées dans des nuances de gris, elles offrent une force visuelle très intéressante.  On y trouve ce vide évocateur, ces détails chargés d'émotion, ces pointes de couleur familières et cette lumière réconfortante. 

Complétées par un texte rare,  elles nous offrent au final un album discret, précieux, lent... tout en sobriété et en finesse. 

Alice, presque intimidée, ...


14 mars 2017

Le pire anniversaire de ma vie de Benjamin Chaud. Hélium, 2016

Recevoir une invitation d'anniversaire, c'est toute une excitation ! Surtout quand il s'agit de l'anniversaire de la jolie-Julie ! Alors, on fait des efforts pour trouver la bonne idée cadeau, on soigne l'empaquetage et on choisit son plus beau déguisement. 
Mais arrivé chez Julie, rien ne se passe comme prévu : d'autres invités sont là, l'anniversaire n'est pas déguisé, il ya beaucoup trop de scotch sur le paquet et tout se colle dans les cheveux de la jolie-Julie.
Que la vie est dure ! Il ne reste plus à notre petit bonhomme qu'à cacher son cadeau trop collant sous les coussins et à se réfugier tout en haut de l'arbre au milieu du jardin.
De longue attente en bouderie, la petite consolation se fera attendre... mais finira par arriver !

Les illustrations de Benjamin Chaud fourmillent de détails et de fantaisie. 
La tristesse et les gaffes de notre petit héros le rendent d'autant plus attendrissant.
Et l'histoire rappelle forcément  ces situations ridicules que chacun de nous peut avoir vécu.
Mais l'amour, que voulez-vous, cela fait perdre la tête !

Finalement, il était plutôt bien cet anniversaire !

Alice, tout en tendresse...


Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Pépita




12 mars 2017

Station sous-paradis de Jean-Luc Luciani. Le Muscadier, 2016

En plein mois de juillet, c'est un peu l'ennui pour les jumeaux Max et Eddy mais ils sont prêts à tout pour suivre Miranda qui leur propose toujours des aventures palpitantes (rentrer dans un cimetière et s'allonger sur des tombes, par exemple).
Pas loin d'eux, on fait connaissance de Gorki, qui vient de racheter une station essence et qui attend que les jours passent en compagnie de Gus, un prof dépressif.

Ce qui va réunir tout ce petit monde ? Une révolte écologique : le refus de voir une forêt d'arbres partir en sciure pour voir s'implanter à la place un golf de 25 hectares.
A sa manière, chacun d'eux va alors participer à ce combat local et trouver du sens à cette action pour lutter contre l'incertitude de l'avenir.

Une fiction qui n'est pas s'en faire écho à l'actualité : on entre dans le livre avec une dédicace à Rémi Fraisse et l'ombre de Notre Dame des landes n'est jamais bien loin.
Un roman engagé, comme tous ceux de la collection "Rester vivant" des editions du Muscadier, mais qui reste  très adroit pour que chacun se forge son propre avis. 

Alice, un autre regard...

9 mars 2017

Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot. Sarbacane, 2016

B. est un inconnu pour nous et pourtant il est très vite comme nous : un gamin blessé par la douleur, la rancoeur et la colère le lendemain de la fusillade qui a emporté plus de 130 personnes.

B. est un gamin paumé qui dans cet acte barbare a surtout perdu son frère.

Sans vraiment réaliser, il quitte l'hôpital, il erre et  il croise un des tueurs dans une rame de métro. 
Sans vraiment savoir pourquoi, il le suit, le piste et arrive à se faufiler dans l'appartement où le tueur avait choisi de se réfugier.
Sans vraiment arriver à se maîtriser, B. séquestre le tueur et sa soeur en faisant preuve d'une violence physique et psychologique incontrôlable. 

Le huis clos est éprouvant, parfois hasardeux, mais surtout instinctif sans cesser de questionner le lecteur.
L'issue sera-t-elle excessive ? Impossible ? Fatale ?

On sent dans l'écriture de Vincent Villeminot, le besoin immédiat de libérer des mots pour comprendre et vaincre la peur. Et par un coup de maître, sans transigeance, il arrive à réconcilier l'impossible après un acte d'une barbarie innommable.

Entre violence et confession, il nous offre ici tout l'espoir d'une société rudement fragilisée.

Alice, qui a envie d'un peu d'humanité ...

Retrouvez l'avis de mon ado



7 mars 2017

Rond rouge de Claire Garralon.Actes Sud, 2012.

Un rond rouge, c'est un rond rouge me direz-vous... 
Et bien non, il y en a des grands, des petits, et puis il y a des rouges foncés et d'autres plus clairs, certains sont presque ovales et d'autres tendent vers le carré. 
Alors en fait, un rond rouge ne ressemble quasi jamais à un autre rond rouge.
Chacun est unique, tous sont différents mais ensemble ils forment un monde de ronds rouges, un monde où il fait bon se regrouper pour que le monde tourne... un peu plus rond.

Avec un graphisme simple, soigné et esthétique et quelques mots parsemés, Claire Garralon arrive à aiguiser l'oeil artistique des enfants, mais pas que... 
Cet petit cartonné éveille aussi le tout jeune lecteur et le questionne sur son appartenance au monde et son rapport à l'autre.

Un petit trésor de lecture, comme j'aime en découvrir !

Alice, charmée..



5 mars 2017

Sur la route d'Indianapolis de Sébastien Gendron. Magnard, 2016

La vie de Lilian, 11 ans, n'est pas franchement trépidante. Alors quand son père lui propose de l'accompagner aux States pour un  déplacement professionnel, il a vite fait de faire sa valise et de sauter dans le premier avion.
Après un séjour à Chicago chez sa tante, Lilian doit ensuite rejoindre son père à Indianapolis.
Seul, à bord d'un bus, le voilà parti pour 500kms de route.

Tout se passe plutôt bien jusqu'à un arrêt-pipi où le bus redémarre sans lui.
Place alors au scénario rocambolesque : un avion fonce à ras de terre sur la route et pour se sauver Lilian se retrouve embarqué dans une voiture transportant un réfrigérateur rempli de billets de banque en compagnie d'adultes peu recommandables. Pour s'en sortir, il n'aura d'autre solution que de partir à bord d'un hélicoptère et de finir sur le siège arrière d'une moto de riders  américains.

Whaou, que de péripéties, et je ne vous ai pas tout dit !

Un roman un peu dingue mais plutôt enthousiasmant. On sent que Sébastien Gendron s'est drôlement amusé à l'écrire et  à nous faire partager son amour et sa connaissance des Etats-Unis.
On le soupçonnerait même d'avoir glissé dans cette invraisemblable aventure quelques anecdotes autobiographiques...

Alice, entre rêve et réalité...

2 mars 2017

Charly et moi d'Agnès Larroche.Auzou, 2015

Diane est une ado frêle et isolée, grignotée par une maladie du coeur dont elle doit bientôt être opérée. Surprotégée par une maman inquiète, elle traîne ses journées à la maison en tenant un fichier des voisins  pour se trouver une excuse d'aller à leur rencontre et créer ce lien social qui lui manque tant ! 
Et puis un jour, Charly déboule dans sa vie. Comme elle, un ado en retrait, défiguré depuis quelques mois par une vilaine balafre suite un accident de scooter. 
Il n'en faut pas plus à nos deux ados pour fraterniser !
De moments de partage en projet commun autour du dessin, ils deviennent vite inséparables. 
Mais un jour, Charly disparait ...

On apprécie la plume fluide d'Agnès Laroche et sa volonté à nous dresser le portrait de deux ados finalement capables d'accepter leur faiblesse et de sortir de leurs limites. Diane, la fille volontaire et intelligente et Charly, le garçon artiste et sensible forment un joli duo uni et épanoui.
Dans ce roman pas bien épais, l'auteur sait aussi jouer la carte de l'intrigue et du suspens pour une lecture plaisante qui ne manquera pas de séduire nos jeunes (pré)ados.

Alice, qui a été intriguée par un lapin bleu ...



28 févr. 2017

Les groneuneux de Michaël Escoffier et Julia Weber. Frimousse, 2016

Qui n'a jamais rêvé d'un gros paradis plein de détritus ?? Les Groneuneux bien sûr !

Imaginez cette planète où les nuages sont toxiques, où les enfants mangent des crottes de nez et où les parents ont pour mission de vendre des boîtes de conserve vides sur les places des marchés.
Une planète polluée où le roi prône l'hyper consommation et ne se soucie nullement des conséquence sur l'avenir des enfants ... et encore moins celui de la planète !

Bref, vous l'aurez compris en prenant le contre pied des préoccupations actuelles, Michaël Escoffier et Julia Weber se font porteurs d'un message pour en appeler à notre morale écologique ! 
Ces étonnantes bestioles drôlatiques feront à coup sûr de l'oeil à nos bambins et c'est tant mieux !

Un album décalé et  ironique qui ne peut que nous piquer dans notre conscience : à nous de faire le nécessaire si l'on ne veut pas devenir un GRONEUNEUX !


Alice, engagée... 
qui aime particulièrement l'impertinence de Michaël Escoffier



26 févr. 2017

Strada Zambila de Fanny Chartres . EDL, 2017.

Strada Zambila, c'est une rue de Bucarest. 
Une rue d'aujourd'hui, en Roumanie,  où habitent Ilinca et Zoé avec leurs grands-parents.
Pour quelques mois, leurs parents sont partis en France trouver un emploi et améliorer leur  cadre de vie. 
Dur-dur cette absence pour Ilinca.  Entre colère et tristesse, elle a bien du mal à comprendre et accepter cet éloignement. Elle aimerait bien que ses parents soient à ses côtés pour Noël, mais cette éventualité ne semblent pas envisageable.
Trop c'est trop ! Ilinca claque l'écran de l'ordinateur et coupe court à la discussion SKYPE.
Au milieu de ce bouillonnement rageur, elle voit alors s'ouvrir une bouffée d'oxygène : un concours d'art plastique pour lequel elle fait équipe avec un camarade de classe Florin. Ensemble, il vont parcourir les rues de la ville appareil photo sous le bras et vers de poésie dans la tête. L'occasion pour Ilinca de trouver du réconfort mais aussi de se frotter à la réalité de certains préjugés, d'acte raciste et de contradictions. 

Un roman qui nous invite à visiter Bucarest avec un autre oeil : on découvre les dessous intimes de cette ville qui traîne avec elle un bagage historique complexe et une population qui cherche encore parfois sa place et son identité. Comment y vivre alors, quand on s'y sent comme un étranger ?
Fanny Chartres nous invite délicatement  a trouver la voie avec tolérance et simplicité.

Alice, un peu plus éclairée...



17 févr. 2017

Traits d'union de Cécile Chartre. Le Muscadier, 2016

A seulement 18 ans, Thibault a décidé sur un coup de tête semble-t-il, de se marier avec cette jeune fille rencontré quelques mois plus tôt. 
Il y a quelque chose qui cloche dans ce mariage...
D'invité en invité, on s'immisce dans la tête de chacun et l'on ressent l'incompréhension ambiante. 
Il y a le garçon d'honneur qui a bien d'autres chats à fouetter, l'amoureuse-malheureuse terrassée par cette décision, la mère-super-organisatrice peut être un peu trop envahissante, la tata Odette qui pense que ce mariage est une bien belle bêtise... et puis il y a Charline qui a tout vu et qui va bientôt tout nous révéler.  
Jusqu'au déballage final, Cécile Chartre contrôle parfaitement son récit. Elle maîtrise son écriture impertinente, elle nous amuse avec son ton drolatique et nous surprend par sa capacité à inventer des situations inattendues. C'est toujours un peu la pagaille dans ses histoires, mais tout est bien clair dans sa tête et son intrigue est plutôt bien ficelée ; plus que parfaite je dirais même, puisque jusqu'à la dernière page, je me suis laissée surprendre.

Un roman sur la vie, celle de tous les jours, celle qui nous entoure, celle qu'il faut parfois supporter, celle qui ne nous oblige pas à tout accepter...

Alice, séduite...


14 févr. 2017

Les dimanches de Romulus de Paul Echegoyen et Amélie Videlo. Marmaille et compagnie, 2016

Il a de bonnes grosses joues Romulus. 
Des joues de gros matou à qui on a toujours envie de faire un câlinou.
Avec lui, la vie s'écoule pépére jour après jour dans une ambiance douce-heureuse, tranquille et harmonieuse.
Tous les jours, sauf le dimanche !
Le dimanche, c'est chacun de son côté et pendant que son jeune maître s'ennuie, Romulus vit des aventures extraordinaires ! Il fait exploser les couleurs, pétiller les activités, déborder l'énergie et foisonner l'imagination. 
Un chat qui peut faire tout ça ? Vous êtes bien sûrs ...

Un sympathique album, tendrement affectueux et visuellement efficace sur la relation d'un enfant à son animal.
Grâce à l'originalité du parti pris graphique, on devine l'enjeu qui se joue entre ce drôle de chat et son jeune maître.

Une belle histoire d'amitié originale et  très pop !

Alice, amusée...


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Sophie




12 févr. 2017

Amour mortel de Gilles Abier. Actes Sud, 2013

J'ai beau être habituée, les fins brutales des romans de Gilles Abier  me surprennent à chaque fois. 
Dans ce roman, j'ai retrouvé la qualité de la plume de l'auteur et son exigence à ménager le suspense, à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière phrase en nous laissant ébranlé par la révélation finale.
Une révélation qui m'a certes parue peu probable, mais que je n'aurais malgré tout pas imaginé.

L'histoire ? A chaque fois que Lucie rencontre un garçon qui lui plait, celui-ci meurt dans des circonstances troublantes. Hasard ? Malédiction ? Réfugiée chez sa grand-mère, Lucie apprend alors un étonnant secret de famille qui pourrait avoir un lien avec ces accidents et cette situation cauchemardesque.

L'idée de départ était plutôt intrigante, mais je me retrouve au final avec entre les mains roman un peu moins convaincant qu'il n'y paraissait.
Je reste bluffée par l'imagination et la virtuosité narrative de l'auteur ; mais je me trouve frustrée par une histoire qui  à mon goût manque de crédibilité. 

Alice, en demie-teinte...

Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Bouma





7 févr. 2017

Un ours, des ours de François David. Sarbacane, 2016.

Un album grand format, il fallait bien ça pour rendre hommage à cet imposant animal aussi attirant que dangereux !
Il y a des ours, des ourses, des gentils, des grizzlis, des comiques, des sereins, des nounours, des ours polaires, des malins, des ours en kit, des romantiques... tout un catalogue de plantigrades mis en valeur par 32 illustrateurs qui ont répondu à la commande "Dessine-moi un ours !"

Et à côté de chaque illustration, François David s'est amusé à nous ciseler des poèmes souvent décalés comme pour nous frotter à des univers impossibles, à des rêves irréalisables.

Malgré tout, on obtient une véritable unité de sens grâce à une seule et unique plume mais aussi un rapport texte-image plutôt pertinent.

Un très beau livre qui résonne comme un véritable hommage : l'ours, un sujet pourtant commun, qui semble ici inépuisable.

31 janv. 2017

Quand il fait nuit d'Akiko Miyakoshi. Syros, 2016

A l'heure où la nuit tombe, bien blotti dans les bras de maman, un petit lapin rentre chez lui. 
La tête posée sur l'épaule de sa mère, avant que ses yeux ne se ferment doucement, il observe...
Il observe, le temps d'une ballade nocturne et paisible, les commerçants qui ferment leur boutique ; il voit des personnes qui rentrent chez elles, il imagine des scénario  à travers les fenêtres illuminées , il devine des silhouettes qui se faufilent...
Comme tous les habitants de la ville, l'heure arrive alors de se glisser dans son lit, la tête pleine de rêves dans un profond état de quiétude.
La qualité du trait au fusain d' Akiko Miyakoshi donne tout son sens à cette histoire. Grâce à la finesse de ses illustrations, l'auteur maîtrise avec brio cette atmosphère de fin de journée, où le silence se fait et où la ville hésite entre ombre et lumière.

Une histoire à savourer juste avant de se coucher : remarquable !

Retrouvez l'avis
de ma copinaute Pépita


29 janv. 2017

Western girl d'Anne Percin. Le Rouergue, 2013

Les chevaux, la country, les  restaurants Buffalo Grill,  les chemises à franges, le middle west .. voilà ce qui fait vibrer Elise !
Un rêve qui devient réalité quand elle débarque pour 3 semaines d'été dans un ranch américain. Pleine d'envie et de plaisir, elle va pourtant vite déchanter quand elle va se frotter aux autres ados du groupe. Plutôt, enfants de bonne famille,"Les cons fédérés", comme elle les appelle, n'ont pas la même vision qu'elle et Elise va devenir leur souffre-douleur. 
Moqueries, humiliation, affront, ... elle ne va pas se laisser faire notre Calamity Jane bretonne ! Elle est plutôt sanguine et compte bien profiter de son séjour et ne rien changer à sa façon d'être.  Un de ses refuges ? Son journal intime a qui elle raconte  jour après jour ses petits bobos et ses sautes d'humeur.

Western girl ? Voilà les aventures cocasses d'une héroïne passionnée plutôt drôle et attachante.
Dommage, on la sent un peu moins confiante lors du dénouement final, un peu 'happy end", il faut dire...

Au final ? Un roman assez mordant qui nous embarque au triple galop dans un été mouvementé.

Retrouvez l'avis de 

26 janv. 2017

Brise glace de Jean-Philippe Blondel. Actes Sud, 2011

Sûrement le plus intime des romans de Jean-Philippe Blondel. Une lecture à fleur de peau où l'on sent en filigrane une douleur personnelle.

C'est l'histoire d'un terrible secret qui nécessite de déménager, d'un événement qu'Aurélien aimerait oublier, d'une culpabilité qui ne cesse de le ronger, de ses parents qu'il aimerait préserver, d'une douleur qu'il a du mal à cacher, d'une solitude choisie comme pour se protéger.

Et puis il y a Thibaut,  la construction de leur amitié toute en doute et en douceur, comme une main tendue qu'Aurélien saisit avec prudence.
Et puis il y a la découverte du slam qui permet de s'exprimer, de libérer les mots et de laisser couler la plaie.

Un récit dramatique ;  émotionnellement troublant et d'une intensité bouleversante. 
Peu importe la teneur du secret ; toute la force du récit demeure dans les états d'âme de ces ados finement exprimés par Jean-Philippe Blondel.
Vibrant .. 

24 janv. 2017

Tous les câlins du monde de Manuela Monari et Evelyn Daviddi. Rue du monde, 2016

Dés la couverture, on sait que cet album sera confortable, enveloppant et rassurant.
Et en effet, papa ours et son petit bonhomme se promènent dans la forêt en ouvrant  des yeux naïfs et plein de tendresse sur ce qui les entoure.
Ils prennent le temps de se poser, de s'émerveiller et d'ouvrir un regard  poétique et imagé sur la nature et sur la vie. 
Ensemble, ils discutent tranquillement en affirmant l'hypothèse que tout ce qui existe n'est que le résultat d'immenses câlins entre les nuages et les montagnes, entre le soleil et la nuit, entre les fleurs et les abeilles... et surtout entre papa et maman qui ont donné naissance à leur petit ourson. 
Comme on est bien ! 
Comme cette ballade en leur compagnie est généreuse et réconfortante !
Les illustrations donnent envie de prendre le temps ; tout est calme, reposé et le texte, présenté en strophes, se savoure tout doucement.

Alors, si vous avez juste envie d'un moment de tendresse et de douceur, laissez vous bercer par les paroles de papa ours et soyez rassuré : que la vie est belle !



22 janv. 2017

A la place du coeur d'Arnaud Cathrine. Robert Laffond, 2016

D'abord, je me laisse charmer par cette belle couverture.
Et puis, j'ai surtout envie de voir comment le sujet des attentats qui ont eu lieu en 2015 pouvait être abordé en littérature jeunesse.

Pour Caumes, tout a commencé le lendemain de son anniversaire alors que les journalistes de Charlie Hebdo sont sauvagement attaqués. 
Même à 17 ans, cela chamboule. 
Il y a son frère qui vit à Paris et dont il faut prendre des nouvelles ; dans la cour du lycée, il y a ceux qui ont des idées politiques arrêtées et des mots qui dépassent la pensée ; dans les salles de cours, il y a des profs qui essayent de guider les paumés qui n'ont pas encore réalisés... une journée étrange mais inoubliable.
Cette journée, elle ressemble à celle que nous avons tous vécu.
Ces jeunes ressemblent à ceux que l'on a pu croiser ce mois de janvier-là.
Ils portent  dans leurs regards l'innocence d'une jeunesse amoureuse et insouciante obligée par la force des évènements à regarder le monde
Un âge de transition où se forge un certain raisonnement mais où l'espoir demeure malgré le contexte.

Comme un écho à cette ambiance particulière de janvier 2015, aux discussions que j'ai pu avoir avec mes ados, Arnaud Cathrine évoque avec justesse et proximité 6 jours marqués par le bouleversement de nos quotidiens ordinaires. 

Curieuse, j'attends la saison 2 ...

19 janv. 2017

Le copain de la fille du tueur de Vincent Villeminot. Nathan, 2016

Le copain de la fille du tueur c'est un gouffre !

D'un côté une histoire d'amour poussée au maximum de son romantisme, une romance un peu fleur bleue pleine de poésie, d'adoration et de retenue et de l'autre c'est un thriller cuisant, épouvantable où les mots crus sautent à la gorge.
Et pour les personnages ? C'est pareil, il y a Charles plutôt solitaire, premier de la classe, discret... et Selma, énigmatique et sportive. Entre eux deux, fanfaronne Touk-E, un brin provoc' voire insolant, au tempérament assez explosif, fumeur de joints et amateur de porno.
Sans parler d'un poète suisse mourant sur son lit, d'un trafiquant de drogue mexicain et d'une actrice de porno.

Comment sortir de cette lecture ? Et bien me voilà pleine de questionnements et de doute. La quintessence du roman est bien cette magnifique histoire d'amour mouvementée que je trouve finalement entachée par des détails inutiles (le tournoi de foot, l'apparition du fantastique, l'accumulation de clichés, ..). Et puis il y a ce rythme, si lent au début et presque trop rapide à la fin.
Et ce mélange des genres, des normes littéraires qui m'a vraiment décontenancé.

Alors, je ne voudrais pas être catégorique car la plume est habile, mais c'est pour moi un OVNI littéraire dont le résultat ne me parait pas si évident.

17 janv. 2017

Le doudou de la directrice de Christophe Nicolas et Maureen Poignonec. Didier jeunesse, 2015

Dur dur d'être directrice d'école...
On est toujours là à être sollicité par nos chères têtes blondes qui ont toujours quelque chose à nous dire de la plus HAAAAAUTE importance.

Mais cette directrice-là a ce pouvoir déconcertant de garder la zen attitude en toute circonstance. Toujours souriante, à l'écoute... on envie sa constance. Mieux que tout elle arrive aussi à contaminer son entourage de sa bonne humeur permanente. 
Ca c'est sûr, cette directrice a un secret !

Son secret ? C'est son doudou. 
Et son doudou ? Il faut le chercher partout. 
Oui, parce que quand même, une directrice d'école avec un doudou, ça fait pas sérieux du tout ! Et hop ! On repart à la page 1 et on commence un véritable cherche-trouve dans chaque illustration. 
Jusqu'au jour où..

De situations cocasses en drôleries, il est sacrément efficace cet album ! 
Le texte pétille, les illustrations de Maureen Poignonec sont dynamiques et l'histoire nous met le sourire aux lèvres.
Pleine d'originalité et d'énergie, cette lecture est légère et vraiment distrayante. 
Un sacré bon moment !

Retrouvez l'avis 


15 janv. 2017

Rien qu'un jour de plus dans la vie d'un pauvre fou de Jean Paul Nozière. Thierry Magnier, 2011

A 10 ans d'intervalle, deux enlèvements d'enfants. C'est étrange, non ? 
Elise d'abord, 3 ans qui échappe à la surveillance de son grand frère de 17 ans. 
Laura ensuite, jolie ado de 13 ans qui s'amusait à fleurter gentiment avec Linlin.

Il est alors très facile d'accuser Linlin, handicapé mental, qui a le profil idéal. Mais c'est sans compter sur Alice, qui le défend  avec force de conviction ; d'autant que tous les deux partagent un secret qu'ils ne dévoileront jamais.
L'enquête s'embrouille, les gendarmes n'y comprennent plus rien et sont sur le point d'abandonner quand la vérité éclate aux yeux des lecteurs qui ne peut plus que tourner les pages avec insistance pour voir le noeud se dénouer.

Bon sang, comme Jean-Paul Nozière a le don de nous plonger dans une ambiance qui nous met mal à l'aise !  
Il joue avec la chronologie des évènements, il tortille avec constance la psychologie de ses personnages, il s'entête à agiter nos cerveaux en posant un regard féroce sur la société... Et l'on sort un peu groggy de cette lecture. 
En apothéose, le dernier chapitre nous achève d'un seul coup.
Terrible...


12 janv. 2017

Vladimir et Cléménce de Cécile Hennerolles et Sandrine Bonini. Grasset jeunesse, 2015

Vladimir et Clémence c'est un histoire d'amour délicieuse entre un photographe un peu myope mais touchant, et une femme invisible qui sème des indices sans jamais  se laisser voir.
Une histoire à la Amélie Poulain où la romance est à la fois insaisissable et merveilleuse.
Et comme l'amour a le don de tout transcender, d'éloigner les peurs, de redonner de la joie et de la couleur, les photos statiques de Vladimir, tout d'un coup se remplissent de vie, les petits cailloux semés lui donne confiance et tout cela ne peut se terminer que par un doux baiser.

C'est joli tout ces petits riens qui embellissent le quotidien...
C'est délicat de se laisser désirer...

Des personnages lunaires, une histoire aux doux airs de conte de fées, des illustrations au charme un peu désuet, ... ce roman a tout d'un petit bijou ; une petite pépite poétique qui nous offre une lecture précieuse et heureuse.


Souvenez-vous, un livre offert par la 
 lors de notre swap de noël

10 janv. 2017

Madame Cocotte d'Edouard manceau. Seuil jeunesse, 2015.

Qui de l'oeuf ou de la poule  ? Une question qui peut nous faire tourner la tête en rond pendant un moment, n'est ce pas ?
En choisissant ici, une cocotte de forme ovoidale, Edouard Manceau essaye d''apporter une réponse ou du moins de montrer, qu'il n'y en a pas et que ce cercle vicieux continuera d'occuper nos conversations. 

Et puis voilà, il y rajoute aussi un peu de fantaisie - en reprenant la trame du classique "Va t'en grand monstre vert !"  -  en dépouillant méthodiquement la poule de tous ses attributs. Et hop ! Ainsi mise à nue, Madame Cocotte ressemble vraiment à un oeuf. Magique, non ?

Comme toujours avec des formes géométriques simples, des couleurs très vives, un texte court et tonique, Edouard Manceau sait captiver son public. 
Ici encore, il nous offre une histoire efficace, joyeuse et rassurante  qui a coup sûr surprendra avec plaisir les plus petits de nos petits curieux.

Un album bien réussi !

D'autres chroniques d'albums d'Edouard Manceau, 
c'est par ici !


8 janv. 2017

Refuges d'Annelise Heurtier. Casterman, 2015

AnneLise Heurtier est un de ces auteurs qui nous raconte le monde. Mieux que ça, elle nous embarque toujours dans des sujets sensibles où l'on sent pointer son engagement personnel pour de nobles causes.


Avec Refuges, elle revient sur les questions de société actuelle concernant les immigrés. Elle arrive à immiscer dans une fiction familiale, le destin de jeunes ados érythréens et surtout à nous plonger au cœur des conditions dramatiques de cette folle traversée qui les fait accoster à Lampedusa.

Même s’il est question de manipulation, de peur, de violence, de désastre humain… AnneLise Heurtier reste mesurée et précise dans son discours. Elle n’est pas là pour culpabiliser le lecteur et montrer chacun du doigt, mais juste pour mobiliser notre conscience personnelle.
Elle nous touche par la force des émotions et des sentiments. Elle nous parle d’une famille disloquée, de passion, d’amitié mais juste avec ce brin de fragilité, de solidarité et d’humanité qui fait tourner le monde (enfin, je l’espère !).

Un dosage parfait pour un livre fort.


Retrouvez l'avis de 
mes copinautes Carole et Pépita