1 déc. 2016

Koi ke bzzz ? de Carson Hellis. Helium, 2016

Drôle de titre, non? 
Mais je vous rassure, dés les premières page on s'habitue à cet étrange langage et cela ne gène en rien la compréhension de l'histoire.
Pour que cela soit plus clair, on se surprend même à lire à voix haute, à jouer sur les intonations... et les illustrations sont si détaillées et expressives que tout cela en devient très amusant et se lit avec une facilité déconcertante.

Bref, nous voilà au pied d'une petite pousse minuscule qui ne demande qu'à grandir mais qui suscite l'étonnement des coccinelles, hannetons, libellules .. et autres insectes réunis.
Et là ça devient carrément génial, ils interpellent le grand sage, ils prennent possession de la plante qui grandit, l'aménagent à leur goût... mais c'est sans compter sur la visite d'un insecte bien plus gros qu'eux. 

Cet album est véritablement un petit bijou à l'écriture inventive et au langage exquis. Les illustrations zoomées au plus prés du brin d'herbe nous plonge  au coeur des spéculation et l'histoire prend tout son sens en un tour de main.
Encore plus fort ! Tout au long de l'aventure Carson Hellis trace en filigrane le cycle de la nature et c'est bien joli.

Carrément fabuleux !

29 nov. 2016

Va jouer avec le petit garçon ! de Clémentine Beauvais et Maisie Paradise Shearing. Sarbacane, 2016.

Pourquoi, à chaque fois, assise sur son banc, maman  insiste «Va jouer avec le petit garçon, il est tout seul. Va dire bonjour ! ».

A partir de cette injonction quasi obligatoire, notre petit héros va s’imaginer un scénario délirant et catastrophique pour démontrer l’absurdité des adultes (parfois !).

C’est vrai quoi !  A l’inverse, maman ne nous  a pas toujours interdit de dire bonjour à un inconnu ? Donc pourquoi insiste-t-elle pour que l’on se sociabilise avec tout le monde ? On ne le connait pas après tout cet enfant et il pourrait tout aussi bien être un monstre infréquentable qui nous entrainerait dans des péripéties inimaginables !


Bref, chers parents, heureusement que les bambins sont là pour nous ouvrir les yeux. Parce que la peur de notre propre solitude ne doit pas nous pousser à obliger nos enfants à être ami avec tout le monde. Est-ce que vous iriez vous discuter avec la petite vieille qui donne à manger aux pigeons ?

Voilà un sacré album –vérité pour les parents lecteurs ! Clémentine Beauvais nous pousserait presque même à culpabiliser!  
Et pour les enfants, elle arrive à créer une histoire foisonnante admirablement enrichie par des illustrations étonnantes qui ne pourront que stimuler leur imagination !

27 nov. 2016

Passion et Patience de Rémi Courgeon. Milan, 2016.

A la fois si semblables et si différentes, Passion et Patience sont soeurs jumelles. Physiquement identiques, elles n'en ont pas moins des caractères complètement opposés qui collent parfaitement à leurs prénoms. L'une est fougueuse, entière et bouillonnante quand l'autre est posée, tempérée et contemplative.
Entre elles deux, il y a leur voisin Gus. De jeux d'enfants en séduction adolescente, Passion, Patience et Gus seront ce trio rêveur, toujours unis, capable de se soutenir et de s'épauler.

Véritables égéries du jeune ingénieur, les filles enflammeront sa vie jusqu'à la célébrité.Quant aux jeunes demoiselles émancipées, elles choisiront de vivre la leur ... toujours ensemble.

Quel album ! J'appréciais déjà  le travail de Rémi Courgeon et je tombe de nouveau sous le charme de cette magnifique histoire romanesque.Une maîtrise parfaite de l'ambiance fin XIX°, des dessins minutieusement étudiés qui ne laissent aucune place au hasard et un jeu de couleur subtilement utilisé qui complète parfaitement le texte.

Une ode aux femmes ; muses qui font tourner le monde (et la tête des hommes) !
Un album absolument  audacieux et vibrant ! 
Mais jusqu'où ira le talent de Rémi Courgeon  ?

24 nov. 2016

Le dernier songe de Lord Scriven d'Eric Senabre. Didier jeunesse, 2016

Banerjee est un enquêteur un peu spécial : il dénoue les affaires qui lui sont confiées grâce à l'interprétation de ses rêves. 
26 minutes de sommeil exactement- pas une de plus- pour qu'il démêle les noeuds des situations les plus abracadabrantes. 
Avec son fidèle associé, Christopher, ils forment à eux deux un duo de choc, aussi dingue que désopilant.
Et quand Lord Scriven en personne vient les trouver pour résoudre l'enquête sur sa propre mort, on frôle à la fois l'étrange, le surnaturel, le mystère, l'espionnage ... et malgré tout, on retombe à chaque fois sur nos pieds. 

Quelle maîtrise ! Le scénario d'Eric Senabre est mûrement réfléchi et tout s'imbrique parfaitement. Même si on se laisse surprendre à chaque page tournée, tout est si habilement ficelé que, dans cette ambiance d'Angleterre victorienne, l'enquête est captivante.
Les excentricités des personnages nous emballent, les péripéties politico-économiques nous surprennent et, malgré quelques petites longueurs, l'originalité de ce scénario atypique reste enthousiasmante.

Un très bon premier tome pour une série qui s'annonce pleine de rebondissements.
Affaire à suivre ...


Retrouvez l'avis de mes copinautes 
Sophie et Bouma 

22 nov. 2016

L'oiseau du sommeil d'Isabelle Simler. Editions courtes et longues, 2016

Isabelle Simler m'enchante toujours par la finesse et la qualité de son travail. 
Elle a ce trait délicat qui peint la nature et nous enveloppe de légèreté. 
Elle a cette écriture apaisante qui nous enfonce dans une atmosphère moelleuse. 
Et elle a cette vision détaillée qui apporte ce brin de magie au récit.

Vous le voyez cet oiseau ? Celui qui s'est caché au milieu des pages du livre pour vous aider à mieux vous laisser sombrer dans les bras de Morphée ?
 Il suffit de suivre les consignes et vous glisserez alors tout en douceur et en sécurité pour, petit à petit, dans le calme et la tranquillité, voir s'ouvrir devant vous les portes du sommeil et des rêves étoilés.

Chuuuuut, tout mérite de se savourer..., il vous suffit juste de chuchoter et vous voilà prêt pour un doux voyage, ... Bonne nuit...

Décidément,
j'aime le travail d'Isabelle Simler

20 nov. 2016

Les pierres de fumée : la prédiction d'Eric Boisset. Magnard, 2015.

La fantasy, c'est pas naturellement le genre vers lequel je me dirige.
Et bien figurez vous que je me suis surprise à rentrer rapidement dans le monde des Pierres de fumée où vivent les roomajads, ces lézards de six pieds de haut, recouverts d'écailles.
J'ai aussi suivie avec  attention les aventures des jumeaux Elea et Liam : le sort de la jeune fille entre les mains de l'impératrice Caëla et la quête de son frère, aidé d'un maître bâtonnier. Tous les deux tombent entre les mains d'adultes qui ont des projets nouveaux pour leur avenir respectif.
Bien que séparés, Elea et Liam le pressentent bien, leur vie prend un nouveau tournant ; ils laissent leur enfance derrière eux et auront un rôle essentiel à jouer dans le conflit qui s'annonce.

Une aventure très rythmée, foisonnante d'idées et d'un vocabulaire riche et très imaginatif. La construction est complètement maîtrisée avec des alternances de point de vue, de multiples pistes lancées et une ambition de mener cette série à son terme.
Oui, car nous n'en sommes qu'au tome 1 (plus de 400 pages tout de même) et Blog d'Eric Boisset réussit à nous appâter pour que l'on ai envie de se plonger dans le tome suivant. 

Bref qui l'eut cru ? Une lecture bien différente de mes habitudes mais que j'ai tout autant appréciée.


17 nov. 2016

Sauveur & fils, saison 2 de Marie-Aude Murail. EDL, 2016

Comment ne pas succomber au charme de Sauveur ?
J'avais déjà fait sa connaissance dans la saison 1 de Sauveur 1 fils et voilà qu'avec cette saison 2, je tombe réellement sous le charme de sa bienveillance, de son humanisme, de la beauté de son âme, de sa sensibilité et de son intelligence de coeur. Ce thérapeute nous séduit par sa capacité à redonner une bulle d'espoir, à apporter de la légèreté dans les difficultés de la vie,  à garder le silence, et à prendre du recul pour mieux valoriser les autres. Quel homme !

Et il n'est pas tout seul dans cette bulle de bonté où l'on prend plaisir à se lover  ! 
Dans cette deuxième saison c'est aussi un plaisir de retrouver tous ses patients (Margaux, Ella, Gabin, Samuel, ...), qui nous touchent par leur histoire, que l'on écoute se poser des questions, que l'on voit évoluer avec plaisir et qui gardent un optimisme indéniable.
Et puis, il y a toujours Lazare, le fils de Sauveur, un peu moins présent mais leur vie personnelle n'est pas à négliger. Elle prend un nouveau virage qui nous fait espérer impatiemment la saison 3...

Que dire de plus ? Vous l'aurez compris, je suis largement séduite par cette saga réjouissante. Marie-Aude Murail continue de m'épater par son écriture si juste, par son sixième sens qui sait si bien capter la nature humaine et par cette saveur particulière qui rend la lecture addictive.

Alors juste un conseil, pousser la porte de ce cabinet, vous y trouverez forcément votre place.


Retrouvez l'avis 
de ma copinaute Pepita



15 nov. 2016

Si j'avais une girafe de Shel Silverstein. Grasset jeunesse, 2016.

Si j'avais une girafe... cela annoncerait déjà une histoire complètement dingue ! Et si en plus c'était la foire à la surenchère, tout prendrait des allures d'une supercherie digne d'une histoire à dormir debout.
Tout n'est que question d'imaginaire me direz-vous ! Et vous n'auriez pas tord, car il faut être sacrément disposé pour voir défiler devant soit une girafe avec  un chapeau rat sur la tête, un veston complet, une flûte visée au bec, une chaise dans les cheveux trimbalant un serpent, un dragon  à roulettes... et  tombant dans un trou à taupes !!
Et vous n'avez pas tout vu ! Ni tout lu d'ailleurs, car si l'auteur s'amuse de l'absurde de ces accumulations il sait aussi jouer avec le texte qui se construit sous nos yeux comme un poème.
Et pour finir, la boucle est bouclée, la girafe redevenue girafe, il ne reste plus qu'à recommencer.

Que dire de cet album ? Qu'il est complétement maîtrisé ? Que malgré une première édition dans les années 60, il fonctionne toujours aussi bien de nos jours ? Qu'il n'a pas besoin de s'expliquer mais juste de se savourer ? Qu'il nous ouvre les portes pour glisser avec malice et facilité vers un peu d'absurdité ?

Voilà, il est tout ça à la fois et ça fait du bien parfois de se laisser porter ...

Retrouvez l'avis de 
ma copinaute Chlopitille

9 nov. 2016

Poils aux pattes d'Ingrid Chabbert et Bérangère Delaporte. Les 400 coup, 2016

Oui, on en convient, avoir du poil sur les gambettes, c'est pas terrible : c'est loin d'être sexy, c'est pas nickel nickel et c'est un tue l'amour effroyable.
Ben voilà, Gertrude la grenouille, ça la complexe d'avoir du poil aux pattes. Elle a beau essayer de les cacher sous des chaussettes hautes, elle est la risée de tout le monde. Sa seule solution ? Déménager dans une mare voisine où elle sera seule et pourra et se sentir complètement décomplexée.
Mais c'est sans avoir envisagé que non loin de là vit Georges, .. un crapaud à la drôle de couleur de peau. 

Pas besoin de vous dévoiler la suite, entre ces deux là, différents et rejetés, quelque chose va se passer... Un peu de romantisme dans un monde de brute, ça fait pas de mal !

J'aurais bien écourté l'histoire mais tout se tient jusqu'au bout et dans ce livre aux allures de conte, on garde ce brin d'enfance, de candeur et d'indulgence grâce à des illustrations crayonnées très expressives.

Un album frais et maîtrisé.

6 nov. 2016

Un jour il m'arrivera un truc extraordinaire de Gilles Abier. La joie de Lire, 2016

Elias est un gamin extravagant, débordant d'imagination et entouré d'amis aussi déroutants que lui. Il y a Matilde (sans H et c'est normal), qui n'a peur de rien et ose tout et il y a Milo, amoureux au grand coeur, aussi grand et costaud qu'Elias est petit et chétif. 
Leur quotidien est tellement désarçonnant que l'on ne sait plus si l'on a un pied dans la réalité ou si l'imaginaire prend le dessus. Alors le jour où Elias s'imagine volant comme un oiseau et commence à voir son corps se transformer en corbeau, on ose presque y croire. 

Ce roman est quasi inexplicable, tant il faut arriver au bout pour comprendre la métaphore sous- jacente. J'ai bien souvent failli le reposer, n'ayant jamais perçu les indices semés ça et là par l'auteur ; mais quand le dernier chapitre explose au visage, alors cette lecture  provocante prend tout son sens et le sentiment d'écoeurement n'est pas bien loin.

Alors oui, il faut aller jusqu'au bout, jusqu'à cette fin abrupte, jusqu'à cette vérité tragique pour retrouver la plume "choc" de Gilles Abier. Pour se dire "mince, je n'ai rien vu", tout en ayant espoir qu'Elias, ce gamin si attachant, prendra son envol.

Finalement, un roman troublant qui secoue et qui dérange.



Retrouvez l'avis de ma copinaute Pepita

 et Gilles Abier, un auteur à découvrir.